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Le 11/08/2013 : Reproduction des Killies

Nombreux sont les aquariophiles pour qui la reproduction des poissons est l’aboutissement  logique de leur maintenance. La reproduction de certains d’entre eux relève quelquefois d’un véritable défi pour lequel de grands volumes d’eau et des moyens financiers conséquents sont mis en oeuvre. Ce n’est pas le cas  pour les killies qui, outre leur beauté, sont appréciés pour le peu d’espace et de moyens matériels à mettre en oeuvre pour  leur maintenance et leur reproduction.

Pour les poissons ovipares que sont les killies, le frai est relativement aisé à obtenir; la véritable difficulté consiste à  amener les oeufs à éclore puis de mener les alevins à l’état de beaux adultes  prêts à pérenniser l’espèce.

 

 Les deux groupes

Les killiphiles  divisent les Cyprinodontidés  en deux groupes : les killies annuels et les non-annuels. Cette distinction se base sur les exigences de reproduction, différentes selon que le poisson ponde en pleine eau, sur un support, ou que ses oeufs soient enfouis dans le sol. En fait, ces deux modes reproductifs  sont liés  à la localisation géographique du killi. Selon que le biotope originel  de l’espèce soit constamment immergé ou qu’il subisse l’alternance d’une saison sèche et d’une saison humide, le poisson appartiendra à l’une ou l’autre catégorie.

 

Première partie : les killies non-annuels

Le groupe des non-annuels réunit la majeure partie des  Cyprinodontidés : la plupart des espèces du genre Aphyosemion, plusieurs espèces de Fundulopanchax (classé auparavant dans le genre Aphyosemion),  ainsi que les genres Aplocheilus, Epiplatys, Pachypanchax, Orysias, Fundulus et Rivulus, pour ne citer que les plus connus.

Dans leurs contrées d’origine (forêt primaire ou secondaire et savane arborée), les non-annuels n’ont pas à redouter l’assèchement de leur biotope. Quelques oeufs sont pondus quotidiennement, ce qui est peu, mais 365 jours par an !Au bout du compte, c’est par centaines  que les oeufs se comptent ! Pour reproduire ces poissons, les passionnés utilisent 3 méthodes différentes.

 

La méthode “naturelle”

C’est la technique qui se rapproche le plus de la nature. Pour cela, 2 mâles et 4 femelles sont  maintenus dans un aquarium d’une trentaine de litres, densément planté au sol et en surface. Le but de cette jungle végétale est de soustraire les alevins à la voracité  des géniteurs ou des  alevins issus des pontes précédentes. Ainsi, les sujets obtenus sont très beaux et très vigoureux, mais peu nombreux. Dès l’apparition des premiers alevins, une distribution  quotidienne de  nauplies d’artémias est effectuée,  après le nourrissage  habituel des adultes.

 

Aidez la nature !

Une variante de la  technique précédente  est la  méthode “semi-naturelle”. Les paramètres d’installation sont  identiques mais la technique diverge au moment de la découverte des alevins. Attendez 15 jours après les premiers accouplements pour rechercher les premiers nouveaux nés; ils se cachent parmi les plantes de surface .Prélevés à l’aide d’une grande seringue , d’une pipette, d’un tuyau d’aération, d’une cuillère... à chacun sa méthode, ils sont installés en compagnie d’un beau planorbe ,dans un récipient d’une vingtaine de centilitres, rempli d’eau du bac de naissance. Tous les apports d’eau ultérieurs doivent être de la même origine. Les alevins sont alors nourris  2 fois par jour de nauplies d’artémias et de micro-vers .La nourriture se trouve ainsi concentrée, le nourrissage est optimum.

La contrepartie de l’utilisation de “petites boîtes” est  l’obligation d’un syphonnage quotidien des déchets et des nauplies mortes ( à l’aide d’une seringue prolongée de quelques centimètres par un tube en silicone) et d’un appoint d’eau. En procédant ainsi, les alevins grandissent vite et un transfert dans un bac d’un litre est opéré, passé une semaine. Quotidiennement, le volume d’eau est augmenté d’un cinquième, après syphonnage, ce qui amène le bac à son volume maximum en une dizaine de jours. A ce moment, tout le ban d’alevins est transféré dans un  aquarium d’une dizaine de litres.

Durant les  premières semaines, les “petites boîtes” flottent dans le bac de grossissement , ce qui apporte une solution à la question du chauffage. Adoptez une fourchette  de température comprise entre 22°C et 24°C, sous peine d’écourter l’espérance de vie  de vos killies !

En plus de pouvoir contempler de superbes poissons dans un écrin de verdure,  cette seconde méthode permet  d’obtenir de nombreux killies sans trop de peine, pour peu que les alevins soient bien nourris et les changements d’eau réguliers. L’unique inconvénient est la disparité de taille  des poissons due  aux éclosions échelonnées , non maîtrisables  par cette technique. Si vous souhaitez une méthode plus rationnelle et plus productive, alors tournez-vous vers l’utilisation d’un mop.

 

Naissances programmées

La méthode la plus utilisée par les killiphiles est celle qui fait appel à un mop, un écheveau de brins de laine synthétique  de couleur foncée, liés à un flotteur. Disposé dans un bac d’une quinzaine de litres peuplé d‘un mâle et de deux femelles, le mop est rapidement adopté comme support de ponte. L’aquarium est simplement équipé d’un chauffage , d’un petit filtre boîte et peu éclairé.

L’utilisation d’un mop nécessite une inspection des brins de laine tous  les 3 ou 4 jours. Une fois retiré de l’eau et fortement pressé, l’écheveau est examiné sous une forte lumière  rasante .Les mains lavées , pour éviter tout dépôt  d’un  produit quelconque, les oeufs sont  prélevés. N’ayez aucune crainte, ils sont suffisamment résistants  pour supporter cette manipulation !

Alors que les oeufs de la plupart des poissons éclosent en quelques jours, ceux des killies non-annuels requièrent une durée d’incubation  d’environ deux semaines. Durant ce laps de temps,  plusieurs méthode de stockage des oeufs, plus ou moins contraignantes, s’offrent à vous. Toutes ont pour préalable l’observation attentive des oeufs pendant les premiers  jours. Dans ce but, ils sont placés dans une boîte en plastique transparent, sous quelques millimètres d’eau du bac de ponte, sans aucun débris d’aucune sorte  afin d’éviter qu’ils ne s’agglutinent et ne se contaminent en cas de  maladie. Quotidiennement, à l’aide d’une forte source lumineuse placée sous le récipient, les oeufs sont examinés et éliminés s’ils présentent une attaque de Fungus (mousse) ou  s’ils blanchissent car non fécondés. De cette manière, vous pouvez observer à loisir le développement des blastomères, les divisions cellulaires de l’oeuf fécondé. Passé 3 jours, il est nécessaire de choisir entre une incubation “en eau”  et “à sec”.

Pour la technique “en eau”, les boîtes contenant les oeufs sont munies  d’un couvercle étanche afin d’éviter toute évaporation , étiquetées avec le nom du killi et la date présumée d’éclosion  et stockées aux alentours de 22°C , à l’obscurité. Un examen tous les 2 jours permet de suivre le développement embryonnaire de l’alevin. Quand les yeux et la colonne vertébrale sont visibles, l’éclosion est proche. A la naissance, les alevins sont prélevés  et l’élevage conduit  comme décrit précédemment.

La méthode “ à sec” permet d’éviter la contraignante surveillance des oeufs et  donne lieu à des naissances simultanées, donc à des  alevins de taille homogène . Cette technique utilise les qualités anti-fongiques de la tourbe. Pour un usage killiphile, elle est bouillie 20 minutes puis abondamment rincée  au travers d’une épuisette à mailles fines. Deux modes de stockage  des oeufs “à sec “ sont utilisées.  Pour la première, les oeufs sont déposés un à un  sur un lit de tourbe épais de un demi centimètre. Pour bien répartir les oeufs, l’usage d’une pincette est très pratique. Ensuite, ils sont recouverts d’une épaisseur de  identique de tourbe, légèrement humide. Le tout est placé dans  sachet  en plastique, fermé et étiqueté. A 22°C, la durée d’incubation sera un  peu plus longue: 3 semaines. Passé ce délai, le contenu du sachet est versé  dans un petit bac d’un litre et de l’eau du bac de ponte est versée, jusqu’à recouvrir la tourbe de  2 cm . Les éclosions  se produisent dans les quelques heures qui suivent ; une petite distribution de nauplies d’artémias est effectuée  à ce moment. Le lendemain, les alevins sont pêchés  et placés dans  quelques “petites boîtes”

Une variante consiste  à utiliser  de fines plaques de mousse de filtration, à petites cellules, comme support  d’incubation. Dans ce but,  un récipient rectangulaire, en plastique alimentaire , est équipé de deux plaques de mousse . Les oeufs sont déposés  sur celle-ci et vont se loger dans les cellules  ouvertes de la mousse .La deuxième plaque vient recouvrir l’ensemble. L’humidité et l’action anti-fongique sont assurés par  quelques millimètres d’eau au fond de la boîte. Auparavant , un peu de tourbe a séjourné dans l’eau, libérant de l’acide humique. En général, les récipients en plastique alimentaire sont pourvues d’un couvercle étanche, ce qui évite un ensachage supplémentaire.  Au moment présumé de l’éclosion, les deux plaques sont séparées et placées dans un récipient d’un litre partiellement rempli d’eau.  Après la naissance des alevins, la mousse est retirée et l’élevage peut se poursuivre dans le même bac.

 

Et l’eau ?

La reproduction des killies  non-annuels nécessite une eau faiblement minéralisée, au TH voisin de 10°. Le PH doit être légèrement acide, de 6,5° à 7°, mais en fait il a tendance à baisser dans les bacs nus  trop peuplés . L’éleveur doit être très vigilant sur ce point s’il ne veut pas courir le risque de perdre tout son cheptel. Pour limiter ce risque, la propreté est essentielle ainsi que des changements  d’eau hebdomadaires de 15% du volume.  

 

Deuxième partie : les killies annuels

 

Le groupe des annuels est constitué des genres Fundulopanchax  (ex “Aphyosemion”)  Roloffia et Nothobranchius pour les Africains et Cynolebias, Simpsonichtys, ( classé auparavant dans le genre Cynolebias),  Pterolebias et Rachovia   pour les principaux sud-Américains. La plupart de ces killies ont des exigences  moindres pour les caractères physico-chimiques de l’eau . Au début de la saison des pluies, les eaux  de leurs biotopes sont peu minéralisées. Progressivement, la dissolution des roches , l’évaporation et la diminution des pluies provoquent une concentration de sels dissous , donc une augmentation de la dureté totale.

Les choses étant rarement simples, le groupe des annuels se divise en 2 sous groupes. Le premier  est celui des “semi-annuels” , le second  celui des  “vrais annuels”. Celui-ci compte également 2 parties: les” pondeurs de sol” et les “plongeurs”.

 

Les killies semi-annuels

Dans ce groupe sont réunis les killies dont les oeufs peuvent se développer indifféremment “à sec” ou “en eau” :  certaines espèces du genre Fundulopanchax ( sjoestedti, walkeri, ndianum, amieti, filamentosum) et du genre Roloffia. Chez la plupart de ces killies , les relations inter-sexes sont des plus houleuses, surtout parmi les grandes espèces. Aussi est-il courant  de séparer les géniteurs  une dizaine de jours  pour ne les réunir qu’au moment du frai. Un bac d’une trentaine de litres, chauffé entre 22°C et 24 °C , sans filtration , est utilisé pour un trio (un mâle et 2 femelles). Pour les semi-annuels et tous les annuels, l’eau utilisée doit être moyennement minéralisée, entre 10° et 15°de TH. Les amateurs de killies utilisent  différents supports de ponte mais le mop de fond est  le plus utilisé . Il doit être assez volumineux afin de procurer des caches aux femelles trop sollicitées  et dissimuler les oeufs. Ceux-ci, légèrement adhésifs, sont collectés après 3 jours de frai et placés soit dans une boîte d’incubation, soit dans un sachet  contenant de la tourbe. Dans les 2 cas, l’obscurité est de rigueur. Après collecte des oeufs, le trio de killies est remplacé ou séparé  pour un nouveau frai.

Un autre substrat utilisé est la tourbe filamenteuse . Bouillie et rincée, elle est répandue sur le sol de l’aquarium; 2 à 3 cm suffisent. Après 3 jours, les oeufs sont récoltés. Pour cela, les géniteurs sont pêchés  et la tourbe est récupérée au travers d’une épuisette à mailles fines. Vigoureusement serrée, elle est alors étalée quelques jours sur un journal afin  d’atteindre un bon degré d’humidité. Il est convenable quand la tourbe n’adhère plus aux doigts, sans être devenue de couleur claire. Le moment est alors venu d’introduire la récolte dans un sachet en plastique et de la stocker pour incubation .Une variante de cette méthode est l’utilisation d’une boîte de ponte déposée sur le fond de l’aquarium. Il s’agit d’une boîte en plastique alimentaire, de forme rectangulaire. Une ouverture  de 5 cm sur 3 est pratiquée sur une des parois , immédiatement sous le couvercle. La boîte est garnie au tiers de  tourbe filamenteuse et de trois billes en verre, en guise de  lest. Les poissons trouvent rapidement l’entrée  et viennent y déposer leurs oeufs.

Un autre type de substrat utilisé par les  éleveurs est le sable fin non calcaire. Les oeufs y sont enfouis lors de l’accouplement  et leur récolte est simple. Pour cela  vous devez utiliser simultanément vos deux mains. De l’une, agitez le sable avec une baguette et de l’autre pêchez les oeufs à l’aide d’une épuisette à mailles fines. Moins denses que le sable, ils restent plus longtemps en suspension   et sont faciles à récupérer. Malheureusement,  beaucoup d’oeufs sont abîmés par cette méthode, c’est pourquoi une période d’observation est nécessaire avant l’incubation “à sec”.

 

Les annuels

Africains ou sud américains,  2 techniques  sont utilisées selon qu’ils pondent leurs oeufs sur le sol ou qu’ils plongent dans le substrat.  Dans tous les cas, un aquarium d’une quinzaine de litres suffit pour un trio, exepté pour les grandes espèces : pour elles, doublez le volume . Le bac est doté de plantes de surface , chauffé aux environs de 24°C et filtré  par un filtre-boîte  prolongé par un exhausteur pour éviter les remous

Le support de ponte utilisé pour les pondeurs de fond est la tourbe pulvérisée au mixeur à légumes (aucun risque sanitaire!)  après le traitement habituel. Répandue sur le sol sur un centimètre, elle implique une surélévation du filtre, afin d’éviter tout colmatage. Mensuellement, les poissons sont pêchés, le matériel retiré , la tourbe siphonnée  et passée au travers d’un grand filet .

Les annuels plongeurs   s’enfouissent entièrement dans la tourbe lors de la ponte ; une épaisseur  égale à la longueur de leur corps est  nécessaire. Pour éviter la fastidieuse manipulation de grands volumes de tourbe, une boîte de ponte est installée dans chaque bac et retirée tous les mois. Cette boîte est souvent un bocal en verre de 0,75 cl (bocal destiné aux conserves) mais tout récipient  en verre ou en plastique neutre  d’environ 10 cm de diamètre et 20 cm de haut convient. Elle est remplie  à demi de tourbe filamenteuse ou pulvérisée et vidée mensuellement.  

Incubation et éclosion des oeufs

La véritable difficulté réside à ce niveau ! Deux paramètres très importants dans l’incubation  des oeufs de killies annuels sont le degré d’humidité du substrat et la température. Si la tourbe est trop sèche, la membrane de l’oeuf se dessèche  et  il meurt . Si la température est trop basse, l’oeuf entre en diapauses successives (arrêt du développement), retardant l’éclosion. Contrairement à la littérature aquariophile, les killiphiles incubent  les oeufs des annuels à “haute” température, imitant ainsi les conditions climatiques  de vie  de ces poissons. Une température d’incubation  entre 25°C et 28°C est couramment pratiquée. Dans ces conditions, les oeufs sont observés après un mois, puis tous les 15 jours. Lorsque les yeux de l’alevin et sa colonne vertébrale sont visibles, une première mise en eau de la tourbe est opérée. De l’eau en provenance du bac de ponte est alors versée sur la tourbe préalablement étalée dans un  bac d’un litre . Si les oeufs sont “mûrs”, les éclosions se produisent dans l’heure qui suit .Si ce n’est pas le cas, il faut procéder à un nouvel assèchement et patienter encore 2 semaines.

Dans tous les cas , les éclosions sont partielles et une seconde mise en eau, voire une troisième donne encore des alevins.  La grande majorité des alevins de killies annuels consomment des nauplies d’artémias et grandissent à une vitesse à peine croyable !!!

Article de Serge PIERRET, paru dans Aquarium Magazine

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